LA GRANDE CIGUË

S’il y a une plante vénéneuse commune dans nos régions la voilà: La grande ciguë (Conium maculatum, Schierling, Bënzekraut/Scherleck) une Ombellifère (Apiaceae/Umbelliferae), qui compte parmi les plantes les plus toxiques qui soient.

Son nom dérivé du grec a souvent prêté à confusion avec son nom dérivé du latin Cicuta qui dénomme présentement un autre genre d’Ombellifères ... toxiques elles-aussi, mais de moindre importance!

Quelle est donc l’importance de la ciguë ? A part qu’elle ait probablement servie, en mélange à d’autres espèces, à tuer Socrate, il y a surtout le fait qu’elle puisse être considérée comme symbole d’une nouvelle façon d’envisager la thérapeutique médicinale. A partir du milieu du 18ième siècle l’école médicale de Vienne en Autriche et surtout Anton Störck ont proposé des essais cliniques systhématiques portant sur des plantes vénéneuses de nos régions afin de les introduire en thérapeutique. Ainsi ils espéraient formuler des thérapies nouvelles ou à remplacer les „drogues“ du Nouveau Monde et des colonies souvent très chères car monopolisées par quelques sociétés marchandes. Störck est devenu le fondateur de la thérapeutique expérimentale.

Une voix de l’époque le formule ainsi: „Voilà donc les poisons qui se présentent avec des titres qu’on ne leur conoissait pas , & qui vont faire oublier en quelque sorte leurs mauvaises qualités“.

L’utilisation était vivement discutée à l’époque car malgré les formulations rigoureusement respectées les résultats n’étaient pas toujours reproductibles ... le principe acetif de la plante, la coniine, n’était pas encore connu; elle n’a été purifiée et isolé que vers 1826. Aujourd’hui l’utilisation de la ciguë n’est plus recommandée; d’anciens programmes „sanitaires“ ont d’ailleurs projeté d’éradiquer la plante de nos contrées.

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