Henri Jean Népomucène Crantz: en guise d'introduction ...

 

Ces miscellanées dédiées au médecin autrichien d’origine luxembourgeoise Henri Jean Népomucène Crantz regroupent des travaux somme toute assez différents et des documents de l’époque, le dix-huitième siècle, siècle des Lumières, afin de permettre de mieux cerner l’oeuvre d’un savant, originaire du Luxembourg actuel Grand-duché - ce qui satisfait au sentiment national - mais sujet de l’empire autrichien, membre de la „Première école de médecine viennoise“, ce qui permet de décrire une activité assez singulière pour l’histoire de la médecine ; puis, de documenter, si déjà l’on n’arrive pas, avec les données disponibles, d’accèder à la véritable biographie d’une personne, l’époque et le cheminement des idées scientifques au 18ième. 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’histoire ne retient en général que les noms des plus „grands“ et les concepts majeurs. L’histoire de la médecine a les mêmes tendances: elle retient volontiers les noms des idées scientifiques majeures et préfère y associer le nom d’une personne, mais oublie que le développement des concepts et des connaissances est sujeut de nombreuses démarches, positives ou négatives, succès ou erreurs. La progression des concepts scientifiquess et médicaux est l’ouvrage d’observations nombreuses, d’expériences et d’expériments innombrables, de l’expérience d’un grand nombre d’individus et elle mérite d’être décrite comme telle. Souvent les intervenants et chercheurs s’occupant des disciplines de recherche historique en sciences comme en médecine ont d’importantes difficultés à trouver des sources fiables concernant et la personne et l’époque en question – ainsi nous allons devoir approcher certains témoignages ou certains documents avec prudence et circonspection.

 

Les miscellanées sont composés de certains textes anciens déjà publiés auparavant mais remaniés à la lumière des nouvelles connaissances acquises, ainsi que de textes non publiés en revue scientifique, mais présentés dans le même concept formel, puis de citations d’époque commentées, de vieux textes et documents, de tables situant le contexte historique, puis de la littérature afférente générale en fin de volume et spécifique auprès des différentes contributions.

 

Selon le cas les textes sont en langue allemande ou française, voir latine – parfois anglaise ou précédés d’un court résumé anglais. Les illustrations sont issues de divers volumes de l’époque.

 

 

Marc Bruck

 

 

On se prépare mal à comprendre le passé de la science si,

après avoir feuilleté les écrits des maîtres d’autrefois,

l’on se hâte de rire de quelques étrangetés ou absurdités 

apparentes qui s’y trouvent disséminées, en négligeant, 

par l’effet même de cette attitude dédaigneuse, de se

familiariser avec la pensée des anciens chimistes, de 

s’assimiler leur doctrine, bref, de comprendre 

véritablement une théorie que l’historien a justement

pour tàche de faire revivre.

 

 

– Hélène Metzger

 

 

„Cette nouvelle conscience de la médecine, il est temps de la faire pénétrer dans l’analyse historique. Trop longtemps, l’histoire de la médecine a été une chronologie des découvertes; on y racontait comment la raison ou l’observation avaient triomphé des préjugés, écarté les obstacles et mis au jour les vérités cachées.

 

En fait, si on veut que l’histoire des sciences ou des idées accède à plus de rigueur et puisse s’articuler sur d’autres disciplines comme la sociologie ou l’histoire économique, il faut sans doute déplacer son domaine traditionnel et ses méthodes.

 

Il faut essayer – sans qu’on puisse évidemment y parvenir tout à fait – d’ethnologiser le regard que nous portons sur nos propres connaissances: saisir non seulement la manière dont le savoir scientifique est utilisé, mais la façon aussi dont ses objets se forment et sont scandés dans des concepts.

 

Il faut restituer dans une formation sociale d’ensemble l’établissement d’un „savoir“ – entendu comme l’espace des choses à connaitre, la somme des conaissances effectives, les instruments matériels ou théoriques qui l’assurent.

 

Dès lors, l’histoire ne sera plus la simple mémoire de ses erreurs passées ou de ses demi-vérités ; elle sera l’analyse de ses conditions d’existence, de ses lois de fonctionnement et de ses règles de transformation:“

 

 

– Michel FOUCAULT

Naissance de la clinique. Une archéologie du regard médical,

Presses Universitaires de France 1963

 

Marc Bruck © 2014